22.7.10
Ton sourire
Le bruit discret de la pluie sur le balcon me réveillait toujours bien avant toi. J'allais alors à la cuisine préparer le café et arranger quelques fruits. Le journal me distrayait en attendant que tu viennes me rejoindre. Tu souriais les matins de pluie. Le dimanche, je préparais des limonades glacées. De la fenêtre, je t'observais, étendue dans le hamac, un livre à la main. Les histoires se reflétaient dans tes traits. Ici la surprise, là une poursuite. Je suivais les aventures des personnages de Jules Vernes dont tu avais entrepris l'oeuvre. Le vent chaud de ces avant-midis d'août était sûrement semblable à celui ressenti par les naufragés de l'Île Mystérieuse. La glace dans la limonade pareille à celle recouvrant le pôle, scellant Némo sous elle. Et je me disais que les glaçons dans le verre, le vent dans les feuilles, le hamac qui se balance doucement s'inséraient dans notre histoire à nous. Une histoire belle et pure. Celle de tout le monde, celle d'un idéal romantique, à l'abri du béton, à l'abri du goudron.