Assis sur son siège safran, Sébastien siffle sans s'essouffler.
Claudia claque des claquettes et caquète en même temps.
Du duo mélomane émane la mélodie, l'amène amalgame.
Plusieurs spectateurs empressés s'expriment spontanément et remplissent l'air pareillement.
Cris et crachats s'accrochent en crescendo, décrassant corps et âmes.
Jérôme ajoute grand jargon et jurons enjoués.
Basile babille et braille bien des bruits bizarres.
Même Liliane élève le volume en une envolée de violentes louanges.
Et passent les anges par un après-midi banal de la Maison des Fous de St-Machin-des-Choses
27.7.10
22.7.10
Ton sourire
Le bruit discret de la pluie sur le balcon me réveillait toujours bien avant toi. J'allais alors à la cuisine préparer le café et arranger quelques fruits. Le journal me distrayait en attendant que tu viennes me rejoindre. Tu souriais les matins de pluie. Le dimanche, je préparais des limonades glacées. De la fenêtre, je t'observais, étendue dans le hamac, un livre à la main. Les histoires se reflétaient dans tes traits. Ici la surprise, là une poursuite. Je suivais les aventures des personnages de Jules Vernes dont tu avais entrepris l'oeuvre. Le vent chaud de ces avant-midis d'août était sûrement semblable à celui ressenti par les naufragés de l'Île Mystérieuse. La glace dans la limonade pareille à celle recouvrant le pôle, scellant Némo sous elle. Et je me disais que les glaçons dans le verre, le vent dans les feuilles, le hamac qui se balance doucement s'inséraient dans notre histoire à nous. Une histoire belle et pure. Celle de tout le monde, celle d'un idéal romantique, à l'abri du béton, à l'abri du goudron.
14.7.10
Hors-série
J'ai découvert ça. Je suis renversé.
LA COMÈTE
Comme le temps est pesant en mon âme escogriffe
Un grand ciel menaçant, un éclair qui me crie
Ton coeur est malicieux, ton esprit dans ses griffes
Ne peut rien faire pour toi et tu es tout petit
Les nuages voyageurs font des dessins abstraits
Ils me parlent de bonheur que jamais je n'entends
Je pourrais faire comme eux et partir sans délai
Léger comme une poussière transporté par le vent
Et dans la solitude de ma danse aérienne
Le courage revenu, je trouverais les mots
Je réciterais sans cesse des prières pour que vienne
La douceur du silence d'un éternel repos, mais...
Épuisé que je suis je remets à plus tard
Le jour de mon départ pour une autre planète
Si seulement je pouvais étouffer mon cafard
Une voix chaude me dirait : tu brilles comme une comète
Comme la Lune est moqueuse quand elle s'empare du ciel
Elle me regarde aller comme une lampe de poursuite
Je voudrais la détruire ou me poser sur elle
Étourdi par son charme qui jamais ne me quitte
Je suis comme une loupe que le soleil embrasse
Ses rayons me transpercent et culminent en un point
Allument le feu partout où se trouve ma cuirasse
Et après mon passage il ne reste plus rien
Et dans la solitude de ce nouveau désert
J'aurais tout à construire pour accueillir la paix
Et tout mon temps aussi pour prévenir l'univers
Que la joie est revenue et qu'elle reste à jamais... mais...
Condamné par le doute, immobile et craintif,
Je suis comme mon peuple, indécis et rêveur,
Je parle à qui le veut de mon pays fictif
Le coeur plein de vertige et rongé par la peur
-André Fortin
LA COMÈTE
Comme le temps est pesant en mon âme escogriffe
Un grand ciel menaçant, un éclair qui me crie
Ton coeur est malicieux, ton esprit dans ses griffes
Ne peut rien faire pour toi et tu es tout petit
Les nuages voyageurs font des dessins abstraits
Ils me parlent de bonheur que jamais je n'entends
Je pourrais faire comme eux et partir sans délai
Léger comme une poussière transporté par le vent
Et dans la solitude de ma danse aérienne
Le courage revenu, je trouverais les mots
Je réciterais sans cesse des prières pour que vienne
La douceur du silence d'un éternel repos, mais...
Épuisé que je suis je remets à plus tard
Le jour de mon départ pour une autre planète
Si seulement je pouvais étouffer mon cafard
Une voix chaude me dirait : tu brilles comme une comète
Comme la Lune est moqueuse quand elle s'empare du ciel
Elle me regarde aller comme une lampe de poursuite
Je voudrais la détruire ou me poser sur elle
Étourdi par son charme qui jamais ne me quitte
Je suis comme une loupe que le soleil embrasse
Ses rayons me transpercent et culminent en un point
Allument le feu partout où se trouve ma cuirasse
Et après mon passage il ne reste plus rien
Et dans la solitude de ce nouveau désert
J'aurais tout à construire pour accueillir la paix
Et tout mon temps aussi pour prévenir l'univers
Que la joie est revenue et qu'elle reste à jamais... mais...
Condamné par le doute, immobile et craintif,
Je suis comme mon peuple, indécis et rêveur,
Je parle à qui le veut de mon pays fictif
Le coeur plein de vertige et rongé par la peur
-André Fortin
12.7.10
Abstrait
L'univers en pleine floraison se marre un moment, puis la jaunisse et c'est finalement une colère bleue qui gèle la matière noire. Ils grelottent tous, même ceux de là-bas, se collent en un point pour y trouver chaleur et querelles quand, au summum du bordel, ça explose à nouveau pour tout recommencer. Je le sais, j'y étais. Sur un rayon de photons. Amplifié par des rebonds cohérents sur les miroirs de l'imaginaire. Un spectacle magnifique, surtout la grande cavalcade du début, suivi de quelques rebondissements fâcheux...
Petitesse et grandeur enlacées chevauchent à travers l'étendue ondoyante, zig-zaguent entre les ultra-violets, se jouent de l'électromagnétisme ambiant. Sur les rebords tranchants du temps, au risque de sombrer dans l'infini, l'escapade prend des airs d'épopée. Déserts sonores succèdent aux océans silencieux. Dans une grotte le feu, qui ne meurt pas, qui touche la voûte, qui protège. Faibles créatures, touchées par petitesse et grandeur enfantent ensuite à travers les âges petits et grands de tailles diverses ou incongrues. Mille fois mille ans et encore des milliards, les montagnes gelées translucides rabotent l'écorce du globe puis retournent aux pôles. L'acier hérisse tout, merveilleux métal, froid, implacable. Puis la faim arrive, rien ne pousse sur le champ de fer. Le feu se mêle aux U.V. et à la neige. La Lune embrase la Terre en cendre qui fond et coule jusqu'à la courbe extérieure de la galaxie qui, elle-même soudainement déséquilibrée, fractionne son ADN à répétition, mutant immédiatement en petits géraniums ionisés...
L'univers en pleine floraison...
Petitesse et grandeur enlacées chevauchent à travers l'étendue ondoyante, zig-zaguent entre les ultra-violets, se jouent de l'électromagnétisme ambiant. Sur les rebords tranchants du temps, au risque de sombrer dans l'infini, l'escapade prend des airs d'épopée. Déserts sonores succèdent aux océans silencieux. Dans une grotte le feu, qui ne meurt pas, qui touche la voûte, qui protège. Faibles créatures, touchées par petitesse et grandeur enfantent ensuite à travers les âges petits et grands de tailles diverses ou incongrues. Mille fois mille ans et encore des milliards, les montagnes gelées translucides rabotent l'écorce du globe puis retournent aux pôles. L'acier hérisse tout, merveilleux métal, froid, implacable. Puis la faim arrive, rien ne pousse sur le champ de fer. Le feu se mêle aux U.V. et à la neige. La Lune embrase la Terre en cendre qui fond et coule jusqu'à la courbe extérieure de la galaxie qui, elle-même soudainement déséquilibrée, fractionne son ADN à répétition, mutant immédiatement en petits géraniums ionisés...
L'univers en pleine floraison...
8.7.10
Le choix
Le front contre la vitre, il observe la bruine du jour gris. L'oeil morne, le dos courbé.
Le bruit du téléphone retentit. Il laisse sonner.
Elle ferme son portable. Il ne répond pas. Il ne répondra plus. Elle a gagné.
Un coup de vent retourne son parapluie. Elle le jette dans une poubelle alors que ses talons hauts claquent sur les marches qui descendent à la station de métro.
Un vagabond sort de sous un porche de l'église. S'avance, ramasse l'objet, le remet à l'endroit puis rejoint son abri. Satisfait, il débouche une canette qu'il vide de moitié en une gorgée. La condensation sur le cylindre rend le métal glissant, les doigts gourds échappent le contenant qui déverse le reste du liquide sur les pavés inégaux et crasseux.
La sombre silhouette longeant le mur s'écarte vivement pour éviter l'ivrogne rampant. Long manteau noir, chapeau incliné sur les yeux, les mains dans les poches, l'ombre traverse la rue d'un pas égal et s'engouffre ensuite dans un immeuble à logements décrépit.
La vieille sur sa berçante, concentrée sur un tricot confus, entend vaguement les pas dans le couloir, relève la tête au son de la porte du voisin qu'on fracasse d'un coup de botte expert et se demande si son appareil auditif déraille lorsque deux coups de feux claquent.
La porte arrachée de ses gonds ne lui soutire même pas un tressaillement. C'est une cible immobile et indifférente que deux balles de neuf millimètres traversent éclatant au passage sa cervelle et le verre de la fenêtre ensuite.
(à suivre)
Le bruit du téléphone retentit. Il laisse sonner.
Elle ferme son portable. Il ne répond pas. Il ne répondra plus. Elle a gagné.
Un coup de vent retourne son parapluie. Elle le jette dans une poubelle alors que ses talons hauts claquent sur les marches qui descendent à la station de métro.
Un vagabond sort de sous un porche de l'église. S'avance, ramasse l'objet, le remet à l'endroit puis rejoint son abri. Satisfait, il débouche une canette qu'il vide de moitié en une gorgée. La condensation sur le cylindre rend le métal glissant, les doigts gourds échappent le contenant qui déverse le reste du liquide sur les pavés inégaux et crasseux.
La sombre silhouette longeant le mur s'écarte vivement pour éviter l'ivrogne rampant. Long manteau noir, chapeau incliné sur les yeux, les mains dans les poches, l'ombre traverse la rue d'un pas égal et s'engouffre ensuite dans un immeuble à logements décrépit.
La vieille sur sa berçante, concentrée sur un tricot confus, entend vaguement les pas dans le couloir, relève la tête au son de la porte du voisin qu'on fracasse d'un coup de botte expert et se demande si son appareil auditif déraille lorsque deux coups de feux claquent.
La porte arrachée de ses gonds ne lui soutire même pas un tressaillement. C'est une cible immobile et indifférente que deux balles de neuf millimètres traversent éclatant au passage sa cervelle et le verre de la fenêtre ensuite.
(à suivre)
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