L'univers en pleine floraison se marre un moment, puis la jaunisse et c'est finalement une colère bleue qui gèle la matière noire. Ils grelottent tous, même ceux de là-bas, se collent en un point pour y trouver chaleur et querelles quand, au summum du bordel, ça explose à nouveau pour tout recommencer. Je le sais, j'y étais. Sur un rayon de photons. Amplifié par des rebonds cohérents sur les miroirs de l'imaginaire. Un spectacle magnifique, surtout la grande cavalcade du début, suivi de quelques rebondissements fâcheux...
Petitesse et grandeur enlacées chevauchent à travers l'étendue ondoyante, zig-zaguent entre les ultra-violets, se jouent de l'électromagnétisme ambiant. Sur les rebords tranchants du temps, au risque de sombrer dans l'infini, l'escapade prend des airs d'épopée. Déserts sonores succèdent aux océans silencieux. Dans une grotte le feu, qui ne meurt pas, qui touche la voûte, qui protège. Faibles créatures, touchées par petitesse et grandeur enfantent ensuite à travers les âges petits et grands de tailles diverses ou incongrues. Mille fois mille ans et encore des milliards, les montagnes gelées translucides rabotent l'écorce du globe puis retournent aux pôles. L'acier hérisse tout, merveilleux métal, froid, implacable. Puis la faim arrive, rien ne pousse sur le champ de fer. Le feu se mêle aux U.V. et à la neige. La Lune embrase la Terre en cendre qui fond et coule jusqu'à la courbe extérieure de la galaxie qui, elle-même soudainement déséquilibrée, fractionne son ADN à répétition, mutant immédiatement en petits géraniums ionisés...
L'univers en pleine floraison...